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Jac Bazin
Auteur: Jacques Bazin
Sa biographie
Jac Bazin
Traducteur: Jacques Bazin
Sa biographie




L'aïkido sportif n'est pas un aïkido traditionnel



Note:



dans le texte vous trouverez des hyperliens sous forme de chiffres rouges, il suffit de cliquer dessus pour trouver ce qui correspond à une note de bas de page dans un livre.





"Quel que soit le grade présenté, aucun candidat ne peut être examiné par un jury dans lequel siègerait un juge qui serait le professeur de son club d'appartenance"

(in J.O. n°113 du 15.05.2004, "arrêté du 3 mai 2004 portant approbation des conditions de délivrance des dans et grades équivalents adoptés par la CSDGE de l'Union des Fédérations d'aïkido", p.15.)

Jo





L'aïkido sportif n'est pas un aïkido traditionnel, et les pratiquants d'aïkido sportif ne sauraient revendiquer un quelconque héritage traditionnel. Les quelques pages qui suivent se font fort d'expliciter cette idée simple. Nous allons le montrer dans ces lignes, l'UFA (FFAB + FFAAA), seule habilitée à décerner des grades qui sanctionnent la valeur sportive normée des pratiquants, met tout en œuvre pour promouvoir et imposer cet aspect de la pratique, et c'est un privilège que nous sommes loin de lui envier. 


[1] Alain Peyrache, Fédérations et Tradition, Coll. Guides du pratiquant d'aïkido. 1 cliquez ici , Alain Peyrache faisait déjà ce constat :
"La structure est très importante : elle conditionne l'intelligence du milieu. Si elle est inadaptée à une pratique, elle ne peut que la pervertir, la transformer en autre chose. La technique – la structure – n'est pas importante. C'est ce que nous enseigne l'aïkido. C'est notre langage, notre moyen d'expression, notre outil ; pourtant, si elle n'est pas correcte, nous ne ferons rien de bon.".



Qu'est-ce à dire ?


Boken





Tout simplement qu'à trop laisser de côté les principes qui régissent l'organisation d'un dojo traditionnel, qu'à s'écarter trop souvent des règles immuables et centenaires qui ont permis aux arts martiaux traditionnels de naître, de se développer, de se transmettre, on finit par les méconnaître, puis par les oublier, ou bien par les singer : en effet, lorsqu'on a oublié son sens, une tradition devient un folklore, une gestuelle, une pantalonnade.
Ce cap franchi, la discipline elle-même perd de son sens, que l'on s'attache ensuite couramment à lui restituer à partir de repères que l'on connaît dans un cadre occidental, et en l'occurrence, sportif.

La pensée a horreur du vide : elle se satisfait aisément des points de repères les plus incohérents, pourvu qu'elle les identifie !

Qu'on entende bien notre propos : dans un cadre sportif auquel elle est intrinsèquement, fondamentalement étrangère, la discipline aïkido ne peut que dépérir, et ce quelle que soit la bonne volonté des pratiquants qui, à l'intérieur de groupements sportifs, peuvent tenter de la maintenir à flot.

Pourquoi peut-on affirmer que la pérennité de la discipline est ainsi clairement en jeu ? Il n'est certainement pas question d'accuser telle ou telle fédération d'une quelconque volonté souterraine qui consisterait à transformer à terme l'aïkido en simple pratique sportive, et il n'en est pas question pour la simple raison que, loin de s'en cacher, elles le revendiquent et en font, c'est le moins que l'on puisse dire, le premier de leurs chevaux de bataille.

Pour preuve :


Boken





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Femmes





Travail au sol





Hommes





- Au journal officiel de la République française n°113 du 15.05.2004 (texte NOR : MJSK0470072A) est paru le décret officiel qui définit les conditions de délivrance des grades dan par la CSDGE (commission spécialisée des dans et grades équivalents). A la page 3, on peut lire :

"La commission sanctionne par la délivrance des dans et grades équivalents la valeur sportive et morale des pratiquants".
En guise de valeur morale, on apprend, p. 9, que la "CSDGE est

La nomenclature des techniques et la progression sont donc définies dans le document : on apprend par exemple que, si le travail du jo est exigible à partir du premier dan, celui du sabre ne l'est qu'à compter du 3e dan. Les techniques avec plusieurs partenaires n'apparaissent (futaridori) qu'au 4e dan.

Ce n'est en tout cas qu'au 3e dan, et ce point est souligné p. 4 de la deuxième annexe, que ne peut se manifester "une liberté
dans l'application [des techniques]". p.5 :

"Les grades, jusqu'au grade de 4e dan inclus, correspondent à une progression dans l'aïkido au plan technique".

Le 4e dan est le niveau "où l'on commence à entrevoir les principes qui régissent les techniques".

Ce n'est qu'à partir du 5e dan que cette maîtrise "doit être complétée par une maîtrise au plan spirituel" :

au 7e dan "l'être manifeste son vrai soi, libre de tout attachement, il éprouve la joie de vivre ici et maintenant", et au 8e dan, "au-delà de la vie et la mort, l'esprit clair est ouvert, capable d'unifier les contraires";

Selon ces derniers principes, la CSDGE, constituée de techniciens, serait seule 2 cliquez ici en mesure de statuer sur l'aptitude d'un homme à percevoir l'au-delà de la vie et de la mort. Quant à la maîtrise "au plan spirituel", qu'on attend d'un haut gradé, elle serait l'affaire de l'Etat.
On peut s'en étonner sur le fond :
on ne s'attardera pas pour l'instant sur ce point, si ce n'est en posant la question de savoir, en vertu du principe de la laïcité et de la séparation des Eglises et de l'Etat, quel regard le ministère de la Jeunesse et des Sports peut bien poser sur cette affaire privée et intime – s'il en est. Pour ce qui est de la "joie de vivre", les seuls modèles politiques à s'en être préoccupé étaient totalitaires, évidemment.

Posons donc ici une question simple, et reprenons la citation que nous inscrivions en exergue :
"Quel que soit le grade présenté, aucun candidat ne peut être examiné par un jury dans lequel siègerait un juge qui serait le professeur de son club d'appartenance" (ibid., p. 15). Quand bien même on accepterait de passer sur les multiples paradoxes que l'on vient de soulever :
comment un jury, constitué et installé par l'Etat français pour juger de la valeur sportive d'un candidat (ibid., p. 3) peut-il statuer sur la spiritualité d'un pratiquant avec lequel – impartialité républicaine oblige – il ne doit avoir aucun lien personnel ?

C'est évidemment absurde. On ne fera pas au lecteur l'affront de dérouler pour lui le tapis de cette incohérence : il en est bien capable lui-même. L'Etat n'a pas à s'occuper de la spiritualité, pas plus que les sportifs. Si ces derniers en ont le désir, qu'ils le fassent dans un cercle privé ou dans le cadre d'une transmission i shin den shin – de l'âme du maître à celle de l'élève – la seule voie traditionnelle qui ait un sens, et qui ne soit pas concernée par des soucis invraisemblables d'évaluation 3 cliquez ici. L'aïkido est en effet une voie de développement personnel. Pour tout un chacun, elle consiste à apprendre à se connaître. Le but n'est donc pas unifiable. Comparer deux pratiquants n'a aucun sens, parce que le chemin qui les conduit à eux-mêmes ne peut être identique. Il en est ainsi de la technique.

C'est à partir de la répétition et de la maîtrise progressive des bases communes qui font la spécificité de l'aïkido que chacun va développer sa compréhension propre de la technique. Ce n'est pas par la maîtrise de formes extérieures, manifestées, sportives - au sens propre -, qu'on peut accéder à la compréhension des bases : si je pratique ikkyo de manière purement formelle pendant des années, je le pratiquerai incorrectement.

Si je n'ai pas la pratique des bases et que je veux avoir l'impression – forcément illusoire – que mon ikkyo fonctionne, il n'y a qu'une issue : le pratiquer plus vite, plus fort, plus longtemps. En répondant ainsi à cette injonction presque olympique (je peux aussi chuter plus haut !), je risque fort de devenir un bon sportif, musclé, endurant, mais également de cristalliser dans mon schéma corporel des postures inadaptées qui m'éloigneront des possibilités de progresser dans ma compréhension de l'aïkido, et dont j'aurais un mal considérable à me débarrasser par la suite.

Pédagogiquement parlant, la progression imposée par la nomenclature de la CSGDE est donc, évidemment, très largement contre-productive.

On ne peut donc pas être dans l'entre-deux : penser respecter les enseignements du Fondateur, penser pouvoir suivre les chemins qu'il a tracés tout en pratiquant à l'intérieur d'un cadre conçu pour le sport et les sportifs, c'est commettre une lourde erreur de jugement (ce qui sied peu aux pratiquants d'arts martiaux, dont la faculté d'appréciation des situations est censée être aiguisée par la discipline).

Cette erreur de jugement se manifeste sous des formes multiples et parfaitement repérables, même pour le néophyte, dont nous nous efforçons ici d'éclairer un peu la lanterne à partir d'exemples simples et concrets :

Les pratiquants d'aïkido traditionnel et d'aïkido sportif ne parlent pas le même langage :


Jo






L'aïkidoka traditionnel pratique dans une école, dans un dojo. Il est l'élève d'un maître .

Lorsqu'on lui pose la question "Chez qui pratiques-tu l'aïkido ?", le sportif, lui, vous répondra immanquablement "A la FF-ceci" ou "à la FF-cela". Il est donc l'élève d'une structure – une fédération – avant d'être celui d'un homme qu'entre tous il y a choisi parce que les spécificités de son enseignement lui permettent de développer son propre potentiel. Son club est affilié à la FFxxx, il est administré par un président – qui parfois ne pratique plus, ou très épisodiquement tant il est pris par le poids de ses tâches, surtout s'il monte en responsabilité dans les instances fédérales - et des membres qui forment un comité directeur 4 cliquez ici qui lui octroie la possibilité de faire les cours, et cette possibilité est parfois soumise à l'appréciation des adhérents en assemblée générale. Au-dessus du club, il y a des ligues , des techniciens locaux, fédéraux, des cadres, des commissions et des comités divers qui occupent de multiples postes de responsabilités administratives et qui imposent de nombreux règlements.


La pratique traditionnelle implique de suivre la voie que trace un maître . A la manière d'un artisan qui mène son entreprise, le maître dirige un dojo , qui symbolise sa maison . L'élève – en japonais, on parle des stades montei, monka, monjin – est comme celui qui est à la porte et demande à entrer dans le dojo, dont il est, au mieux, un invité . Le maître sélectionne seul ses élèves sur des critères dont il est responsable : par exemple, la discipline ne doit pas être dangereuse pour l'étudiant, l'élève qui aura acquis une connaissance suffisante de l'aïkido ne doit pas pouvoir nuire à l'équilibre du groupe ou en faire un mauvais usage à l'extérieur. Les élèves admis sont, les uns par rapport aux autres, dans des rapports de sempaïs à kohaïs – de plus anciens à plus nouveaux, avec, dans tous les cas, tous les devoirs que cela implique. C'est le maître qui, bien au-delà du seul aspect technique, hiérarchise son dojo.

Les pratiquants d'aïkido traditionnels ont une technique fondamentalement différente de celle des sportifs :


"Beaujolais"






Les aïkidokas sportifs, on l'a vu, ont pour mission de mesurer au nom de l'Etat la valeur technique des pratiquants. Pour répondre à la commande institutionnelle qui leur est confiée – et nous comprenons fort bien à quel point la responsabilité est lourde ! - ils doivent mettre en place une nomenclature, normalisée, qui contient la liste des items (c'est le terme propre pour tout examen d'Etat) attendus et le descriptif correspondant.


C'est un principe bien simple : une administration ne peut mesurer que ce qu'elle est capable de décrire explicitement. On se retrouve donc avec des catalogues officiels de techniques : par exemple, on y apprendra 5 cliquez ici que pour exécuter USHIRO RYOTE DORI IKKYO, uke, après avoir abaissé et saisi la main que lui présente tori 6 cliquez ici par son kamae, passe directement derrière pour saisir la seconde. Tori , abaissant les hanches 7 cliquez ici et unifiant les mains devant son abdomen et unifiant les mains devant son abdomen et unifiant les mains devant son abdomen 9 cliquez ici , tori obtient le déséquilibre de uke 10 cliquez ici permettant ainsi le contrôle du bras 11 cliquez ici puis le taisabaki pour le contrôle du poignet.

  Ce commentaire est certes lapidaire et somme toute assez facile : nous n'y avons pas résisté. Mais il ne vise certainement pas à remettre en cause la compétence technique des cadres fédéraux qui exécutent probablement ikkyo de manière irréprochable – ce dont l'auteur de ces lignes est lui-même incapable, cela va sans dire. Il s'agit juste de montrer ici à quel point l'exercice même qui consiste à décrire avec des mots quelque chose qui ne se trouve pas sur le chemin des mots est en soi une absurdité :

  • celui qui comprend cette prose et à qui cela permet de progresser doit être un mutant, ou au moins être doué de super-pouvoirs qui nous échappent. L'enseignement de l'aïkido vise en effet, et dès le premier jour, l'union du corps et de l'esprit, la non-dissociation : or, cette biomécanique-là est exclusivement cérébrale ;
  • à revoir pratiquer O Sensei, et aux différents stades de sa pratique qui n'a jamais cessé de se transformer, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'aurait jamais obtenu son shodan français. La technique d'aïkido est vivante : vouloir la figer, vouloir la disséquer, c'est évidemment la tuer
  • et accessoirement, rendre sa transmission impossible. Comment une technique ainsi mécanisée, automatisée, robotisée, peut-elle permettre l'évolution du pratiquant, de sa technique ?
  • Et comment un cadre aussi aliénant, qui ne tient nullement compte des dispositions propres à chacun, peut-il permettre d'évaluer la spiritualité du pratiquant ? Où les critères sont-ils mentionnés ? En évaluant la compétence d'un pratiquant par rapport à un tel référentiel, n'est-ce pas plutôt sa soumission qu'on évalue, son manque de personnalité ? Ne proclame-t-on pas à longueur de prospectus que l'aïkido forme des hommes libres et autonomes ?
Le pratiquant d'aïkido traditionnel est mis en contact, dès le premier jour, avec les bases de la technique. Il est amené à se libérer des images pour comprendre les principes structurants. Sa technique est vivante, elle ne vise pas la seule reproduction de ce qu'il a vu, de ce qu'il a compris intellectuellement, et qui est par essence lacunaire. Un élève est identifié par l'appartenance à l'école de son maître : son travail, bien que personnel, en porte l'empreinte particulière. Il le sait, et sait qu'à l'extérieur de son dojo il représente son maître, dont il ne transmet pas l'enseignement à n'importe qui.

Il n'explique pas les techniques dans des livres, il ne les étale pas sur les ondes. La technique n'est certainement pas secrète, mais elle est précieuse et elle est dangereuse :

il ne la communique donc qu'à ceux qu'il a choisis dans un esprit de véritable responsabilité.

Dans l'aïkido traditionnel, on ne laisse à personne la possibilité invraisemblable de mesurer la valeur des gens.


"Kamae"





Jugigarami A. Peyrache





Dojo





Enfants






La qualité ne se mesure pas : c'est l'un des premiers enseignements de la tradition orientale. Le descriptif technique ci-avant commenté est pourtant conçu dans ce but. Les éditions successives de ce traité en témoignent, il ne vaut évidemment que dans le temps relatif de son actualité politique :

il est le fruit du dernier compromis en date entre deux fédérations concurrentes et aux intérêts contradictoires. Il est imposé par le système des grades dans, survalorisé par les deux fédérations qui y trouvent un fond de commerce appréciable, les candidats étant tenus contractuellement de suivre les formations fédérales pour avoir le droit de postuler (sur le formulaire officiel de l'UFA, pour demander les grades dans, on doit remplir un dossier administratif, s'acquitter d'une redevance de 15 ou 25 € en fonction du niveau (!), et prouver qu'on a suivi les trois formations fédérales ad hoc dans les douze mois précédant la demande : le professeur de votre "club" est, évidemment, a priori incompétent pour vous former).


Le culte du grade est, chez le sportif, prioritaire 12 cliquez ici : il faut bien savoir comment positionner sa performance par rapport à celle des autres – c'est là l'essence même du sport, et puisque nous n'avons pas – encore – de compétition en France, la couleur de la ceinture est un marqueur social extraordinairement pratique. Pour se glorifier, tous les moyens à la disposition des sportifs semblent recevables, et nous n'inventons rien ! Une visite sur le site officiel de la FFAB ou de la FFAAA permettra au curieux de trouver un texte réglementaire très sérieux sur les moyens mis en œuvre pour lutter contre le dopage, qui semble les préoccuper beaucoup 13 cliquez ici. Ceux qui ne s'engagent pas activement dans cette croisade s'exposent à de lourdes sanctions disciplinaires !

L'aïkidoka traditionnel a compris que l'apprentissage passe par le misogi (purification, nettoyage, littéralement : découpe du corps en lanières) : la valorisation de l'ego l'éloigne de la discipline, et l'éloigne de sa propre nature.

Il n'exhibe donc jamais ses titres. Il tient son grade – c'est à dire sa juste place dans le dojo de son maître – de son maître lui-même qui, peut-être justement parce qu'il a pour lui une particulière estime, peut choisir de ne pas le gratifier artificiellement.

Chacun doit identifier et occuper la place qui lui est propre : c'est là le sens de aï – l'harmonie. Le système des grades, qui peut parfois rester en vigueur, n'existe que dans ce contexte, et s'intègre dans le cadre traditionnel du menkyo, certificat de transmission qui est totalement étranger au monde sportif puisque la symbolique dont il est porteur ne correspond pas à une quelconque mesure normative de la qualité ni de la performance.

Le principe du système menkyo et des titres qui l'accompagnent (deshi, sogo, renshi…) est utilisé dans un très grand nombre de disciplines martiales (contrairement aux dans, invention personnelle récente de J. Kano qui ne concerne qu'une poignée d'activités martiales le plus souvent sportives) depuis plus de quatre siècles.

On l'aura compris, la question didactique est au cœur de cette différenciation sport / tradition. Sans revenir ici sur les diplômes variés qui ont longuement été évoqués par ailleurs, qui s'inscrivent parfaitement dans le cadre de cette réflexion (l'aïkidoka sportif a besoin de ces diplômes : il n'a jamais appris à trouver son maître !) : nous y reviendrons explicitement prochainement.

On rappellera simplement une évidence pédagogique qui semble échapper aux sportifs : tout acte d'apprentissage implique, pour celui qui apprend, de se débarrasser de l'état antérieur de ses représentations. C'est donc une perte, un renoncement. L'aïkido traditionnel repose sur ce principe. Lorsque j'ai compris très globalement l'ensemble des techniques, lorsque j'ai suffisamment habitué mon corps et mon esprit à adopter les postures propres à l'aïkido, alors je peux bien sûr intégrer des détails techniques qui vont prendre tout leur sens puisqu'ils vont s'inscrire dans une globalité. Mais je vais surtout prendre conscience que ce qui gêne ma technique ne m'est pas extérieur (dans des secrets, des détails que j'ignorerais) ; c'est en moi que les solutions se trouvent : crispations, certitudes, craintes, illusions, etc.

Je vais donc sur le tatami pour me débarrasser d'une part de ce qui me constitue, de ce que je suis. La voie est difficile pour l'ego !

Pour le sportif au contraire, les différentes nomenclatures en témoignent, apprendre, c'est ajouter, c'est compiler. Je suis capable de comptabiliser les techniques que je connais, celles que j'ignore, et je me sens plus compétent le jour où j'en apprends une de plus.

Or quelle différence y a-t-il profondément entre Ikkyo et Kotegaeshi ? Entre Irimi nage et tenshi nage ? L'œil de l'ignorant seulement y voit une différence, car il est habitué à séparer, à trier, à classer. La compréhension sportive de l'aïkido entretient, cultive, légitime et impose cette illusion.

Conclusion :


"Beaujolais"






La montagne crée le précipice, la paume de la main ne se conçoit pas sans le dos.
Séparer le yin du Yang est une absurdité. En intégrant la pratique de l'aïkido à des structures sportives, on dénature à tout coup et irrémédiablement cette formidable discipline, si précieuse, et si fragile aussi !

Les structures sportives correspondent à merveille aux activités nées dans notre culture occidentale : on peut faire du football dans un club, du tennis, de l'escalade. Gagner des médailles et des coupes, monter ou descendre dans des tableaux de compétitions : selon notre tempérament, tout cela peut être extrêmement agréable et sans doute profitable pour l'ego. Soit.

Mais, tout en baignant dans ces structures, ce langage, ces représentations, ces mentalités, pratiquer une discipline qui leur est totalement étrangère, c'est prendre le parti de la faire disparaître, tout simplement.
Il n'y a pas d'ancien sans débutant, pas d'élève sans professeur – dans son dojo et en lui-même. Si je parle le langage du sport, si j'instaure, je développe, j'approfondis une structure qui tient du sport, si je laisse des hiérarques inconnus me valoriser par des titres sportifs, alors je pratique un sport. Et je tourne définitivement le dos au trésor de l'héritage du Fondateur, pour qui l'aïkido et le budo étaient le contraire d'un sport : il l'a dit et redit très explicitement.

Pourquoi pas ? Je peux faire ce choix si le sport me convient et que je le fais en conscience. Mais je peux aussi faire celui de la pratique traditionnelle, qui n'admet aucune concession, qui est certes moins valorisante en surface, mais tellement plus profonde ! Il lui faut alors perdre ses formatages culturels, ce qui est souvent difficile, et apprendre à remettre en question ses habitudes. C'est pourtant à ce prix seulement que la voie – Do - est enrichissante. Il faut pour cela que je sache choisir un maître, que je n'accepte d'éloge ou de blâme que de lui seul. Car si le sportif n'a de cesse que de se positionner par rapport aux autres à l'intérieur d'une échelle de valeur arbitraire, l'aïkidoka authentique, lui, se retrouve face à lui-même.

"Pour progresser, vous avez l'expérience intérieure et l'entraînement. Ne convoitez donc pas les secrets, il n'y a pas d'avenir en cela."
Morihei Ueshiba, in Budo Renshu, 1933

Références :


Au 7 juillet 2007, l'ensemble des documents cités, et beaucoup d'autres qui mériteraient également réflexion, sont consultables sur le site http://www.ffab-aikido.fr/fr/, rubrique "infos / téléchargements".

Des documents similaires peuvent bien entendu être trouvés sur le site de la FFAAA, notamment à l'adresse suivante : http://www.aikido.com.fr/cadre.asp?fichier=ressources_textes.htm

Quant à savoir pourquoi l'UFA (Union des Fédérations d'Aïkido) - censée symboliser l'union dynamique des deux fédérations agrées pour promouvoir l'aïkido français - ne possède pas de site Internet qui matérialiserait cette harmonie, qui ferait entendre cette voix unique et qui centraliserait les nombreuses ressources administratives, c'est une énigme dont nous ne parvenons pas à percevoir la logique et un choix dont, par ignorance sans doute, nous ne parvenons pas à saisir la cohérence.





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aikido en beaujolais une réalité à villefranche bois d'oingt genay à l'aikido caladois
le dojo aikido est situé dans le beaujolais. Les japonais adore beaujolais.
Ne pas confondre aiki et aikido ou aikijustsu, l'origine est la daito ryu.
Ueshiba fondateur ou o sensei de l''Aïkido ou aikido est un art martial japonais
Etonnant de trouver un pratique japaonaise dans le beaujolais.
Paul bocuse contribua à faire connaitre le beaujolais au japon.
Un art martial issu du japon inventé par Morihei Ueshiba le fondateur de l'aikido de l'aikikai so hombu de tokyo qui eu comme élèves: nakazono, tamura, noro, asai, tada, tadashi abe, murashige, tohei koichi, sugano, yamada, chiba et bien d'autre. .
L'aikido n'a rien à voir avec le iai, le jo do, le katori shinto ryu, Miyamoto Musashi dont l'histoire date du 16ème sciècle.
Pas plus que l'omotokyo de Déguchi est une branche du shinto ou du boudhisme.

à l'origine les techniques de combat des samurais, guerriers japonais respectant le Bushido code d'honneur des samurais. Il pratiquait nombreux arts martiaux : le judo, le karaté, le kendo, le iaïdo, les jitsu, kempo, zen, Ikebana, sur des tatamis.
on trouve de l'aïkido à Lyon, Villefranche, Tassin, Givors, Saint-Étienne, Valence, Bourg-en-Bresse, Villard, Châtillon, Macon,Chalon-sur-Saône, tournus.
Alain Peyrache à travailler avec les plus grands experts japonais : sensei,  Shihan, Nakazono, Tamura, Noro, Asaï, Chiba, Yamaguchi, Tada, Fujimoto Kishomaru Ueshiba, waka sensei, Tohei, Saito.
lors de son voyage en Chine le fondateur a connu le kong fu, le tai chi, le tchi kong, le shiatsu, le bouddhisme.
l'EPA est la fédération officielle européenne reconnue par le roi des Belges, c'est aussi l'école Alain Peyrache shihan dans le système menkyo qui pratique l'aïkido traditionnel.
Il a gravi tous les échelons : deshi kyu, dan, fu ku shi do in, shi do in, shihan .
il apprécie beaucoup : le Beaujolais, Morgon, chirouble, Bordeaux, Saint-Émilion, châteaux Margaux, château Yquem, foie gras, côtes-du-Rhône, Châteauneuf-du-Pape.
Jusqu''au plus petit village: denicé, lacenas, oingt, alix, belleville, pérréon, montmelas, macon clochemerle, tout le monde connait l'aikido.